David Servan-Schreiber, 50 ans, s'est éteint dimanche à son domicile parisien, terrassé par un cancer du cerveau avec lequel il a vécu pendant plus de 20 ans. Son témoignage et ses publications sont de première importance pour chacun d'entre-nous. |
La publication de son livre Guérir le fait connaître du grand public et le propulse sur le devant de la scène. Fervent défenseur des mécanismes d'autoguérison présents dans le cerveau humain, David Servan-Schreiber propose dans ce qui deviendra rapidement un best-seller, un ensemble de méthodes faisant appel au corps plutôt qu'au langage pour comprendre et traiter la dépression et la souffrance mentale. Il y popularise notamment la technique du EMDR, qui vise à soigner les patients par des mouvements oculaires. Vendu à 1,3 million d'exemplaires et traduit en 28 langues, Guérir a connu un succès international.
En 2007, David Servan-Schreiber publie un second ouvrage, Anticancer, vendu dans le monde à plus d'un million d'exemplaires, où il parle de sa propre expérience du cancer. Soigné initialement par la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie, il évoque l'importance, essentielle d'après lui, des défenses naturelles du corps contre le cancer en complément des traitements conventionnels. Il décrit les changements de style de vie qui contribuent à prévenir la maladie ou à suppléer aux traitements conventionnels pour ralentir son évolution et participer à la guérison. Le livre est un best-seller.
Paradoxalement, c'est le cancer auquel il a résisté plus de vingt ans qui l'a finalement terrassé. Son dernier ouvrage-testament se voulait néanmoins un plaidoyer des méthodes dont il s'était fait le défenseur. A cette occasion il évoquait aussi sa fin prochaine «La mort fait partie du processus de vie, tout le monde y passe. En soi, c'est très rassurant. Profites-en maintenant, fais les choses importantes que tu as à faire», déclarait-il dans une interview donnée à l'occasion de la sortie du livre.
Médecin, docteur ès sciences, auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation médicale qui avaient recueilli un écho considérable auprès du grand public, David Servan-Schreiber était issu d'une prestigieuse dynastie. Après des études de médecine en France, il part aux États-Unis, où il est nommé professeur assistant de psychiatrie à la faculté de médecine de Pittsburgh dans les années 1990 et dirige la division de psychiatrie de l'hôpital Shadyside du centre médical de l'Université de Pittsburgh de 1997 à 2001. Dans le cadre de ses recherches neuropsychologiques, il finit par étudier aussi les effets des médecines douces complémentaires, en particulier sur les patients atteints de problèmes psychiatriques.
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